Ennahdha n’est pas au pouvoir. Elle est aux abois.

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Ennahdha n’est pas au pouvoir. Elle est aux abois et elle ne fait qu’essayer de couvrir ses arrières. Et ce, en s’agitant en gesticulations dissuasives pour signifier sa capacité de nuire. Et surtout pour amener le pouvoir, fort du soutien de la société civile, à suivre le modèle égyptien et légitimer le recours à la violence qui ferait d’eux des partenaires dans la recherche d’une solution à la guerre civile qu’ils auront provoquées et se débarrasser définitivement de l’exception tunisienne. Et la sauvegarde de cette exception (la démocratie) passe par la patience dont on doit faire preuve face à ces gesticulations et de traiter Ennahdha en partenaire, tout en sachant que cette dernière est incapable d’honorer son engament dans le processus démocratique. Les difficultés que Béji Caïd Essebsi et le jeune Chef du gouvernement qu’il a nommé parmi ses proches rencontrent, ne proviennent pas des agissements prévisibles de la Nahdha. Ces difficultés objectives proviennent du fait de l’immaturité dont fait preuve le corps politique dans son ensemble. Et c’est ce qui fait la difficulté d’instaurer un régime démocratique en ne pouvant compter, paradoxalement que sur soi-même. Comment faire aboutir un processus de démocratisation que Bourguiba avait différé et que Béji veut réussir avec une classe politique habitée, d’une manière morbide par la succession.
Le seul facteur nouveau qui entretient l’espoir, c’est la liberté d’expression que Béji a toujours défendue et qui rend les Tunisiens difficiles à gouverner et donc prémunit le pays contre le retour à la dictature. Mais comme on le sait  la liberté n’est pas forcément du goût , ni à la portée de ceux dont la vision du monde ne les porte pas à sentir comme un besoin primordial, le fait de se sentir digne et libre. Cela se découvre, dans l’apprentissage essentiellement culturel qui consiste à se prémunir contre l’aveuglement que provoque une lumière intense dans les yeux de ceux qui ont toujours vécu dans l’ombre de leurs chefs. La première version de l’hymne national de l’époque bourguibienne contenait une phrase qui disait  » nous affronterons les flammes à l’ombre de Al Habib » et que Bourguiba avait corrigé en la remplaçant par « Nous affronterons les flammes avec l’âme de Al Habib. Il semblerait que pour la classe politique actuelle, toute référence au spirituel au sens culturel (différent de sa dénotation religieuse) est radicalement absente de son horizon de penser.
Mon collègue Naji Jalloul a cru qu’en politique, une bonne cause peut autoriser le ministre qui la défend à se passer de l’obligation de ne pas faire sienne cette cause et de ne pas l’investir au profit de sa carrière politique propre. Le lendemain de son départ, la défense de la cause est maintenue et Youssef Eshahed peut désormais demander à la Centrale syndicale de ne plus couvrir le Syndicat du Secondaire qui vient d’être obligé d’afficher son identité nahdhaoui, en déclarant que l’essentiel pour eux c’est de revenir sur les acquis déjà réalisés par Néji Jelloul. Ils peuvent toujours attendre.Tout comme Hafedh Caïd Essebsi  et Mohsen Marzouk qui n’ont trouvé de mieux à faire que d’essayer de récupérer Jalloul dans leurs entreprises sans avenir. Que Dieu assiste Béji contre les siens. Il ne peut être à la fois le continuateur et non l’héritier de Bourguiba sans se prendre lui-même au mot quand il avait déclaré qu’il n’avait pas d’héritier. Moi, je vous crois Monsieur le Président, parce que je continue à croire en l’espoir d’instaurer , en notre pays la démocratie tunisienne avancée que le peuple de Bourguiba mérite.

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