Dépendance culturelle et relecture occidentale de notre patrimoine

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Cet article date de quarante ans ans. Je l’ai publié dans la Revue Dialogue en 1976, (deux ans après la création de cet hebdomadaire de langue française, organe du Parti Socialiste Destourien à l’initiative de Hédi Nouira), au moment où Amor Shabou en était le Directeur. J’y traite du problème de l’aliénation culturelle, issue de la reconduction non critique et non distanciée, après l’Indépendance, de la peinture tunisienne à l’époque coloniale. Le fait que que je reconnais comme tunisienne, la peinture produite en Tunisie  à l’époque coloniale est le produit d’une maturation à caractère politique qui ne considère plus la période coloniale comme une parenthèse, dans notre histoire. Alors que depuis l’Indépendance, la Tunisie n’a cessé de fructifier les aspects positif de cette période, pour  mieux la dépasser avec la sérénité qui s’impose en faisant l’effort de décrisper la pensée « décoloniale » (le qualificatif est de Khatibi), figée  dans une position réactionnelle  maladive et qui ne peut produire que le rejet de l’altérité, pourtant nécessaire à toute société vivante et productrice d’histoire. C’est avec les outils intellectuels auxquels l’usage de la Langue Française nous donne accès ainsi que la fréquentation des université de France et d’ailleurs que nous nous somme permis de procéder à l’objectivation qui s’impose, en vue de clarifier notre rapport à cet héritage, dont l’analyse méthodique nous dicte de le relire avec un oeil critique, non pas pour le rejeter, mais pour mieux se l’approprier et se poser en partenaire et non en caisse de résonance aux anciennes puissances.

C’est pour cette raison, trente après et avec les réserves que je viens de faire quant à la période « décoloniale » , à laquelle il a été écrit, le principe qui consiste à considérer comme aliénante (donc anti création) cette reconduction non distanciée de la pratique artistique formelle héritée de l’époque coloniale, demeure on ne peut plus d’actualité. Un chantier ouvert aux recherches universitaires sérieuses qui pourrait intéresser les étudiants et les collègues, dégagés de l’aliénation carriériste, qui les prive du plaisir de la recherche et transforme la recherche en reconduction de toute cette littérature ,à caractère idéologique, qui a été produite , en vue de valoriser, sans sens critique, la production artistique réalisée par la population artistique tunisienne, depuis l’accès à  l’Indépendance politique  jusqu’à ce jour.

Ce dont il est question, comme on le voit, ne renvoie pas seulement à l’héritage artistique de l’époque coloniale mais surtout aux  différents « bricolages idéologiques », qui servent de manteau avec lequel se drape  la pensée « légitimatrice » (et non pas fondatrice) de la production artistique tunisienne d’aujourd’hui. Je propose, encore et depuis trente ans, de choisir le difficile parce qu’il n’y a de chemin que de difficile, pour paraphraser Kierkegaard.

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