A la fois peintre et critique d’art, Naceur Ben Cheikh, un cas. L’Action du 29 Mars 1972.

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Naceur Ben cheikh est un peintre qui  jamais , m’a-t-on dit, ne peint pour ne rien dire , ni pour traiter une toile mineure. C’est un bon peintre, voilà tout. il a exposé avec le « Salon de la jeune peinture » en 1965, « Le Groupe de cinq » en Décembre 1966 avec Belkhodja, Mahdaoui, Fabio et Juliette Garmadi. Cette année son exposition se tiendra à Paris à la Maison des Arts et des Lettres à la Sorbonne .

Il est à Tunis, pour le moment. Tel que ses amis m’en avaient fait le portrait, Naceur Ben Cheikh est inépuisable de connaissances tant en ce qui concerne l’histoire de l’Art en général que du sien en particulier. qu’il contrôle  presque avec sévérité  (il prépare une maîtrise  dont le sujet est « la critique d’art d’expression arabe et ses rapports avec l’art contemporain »). Comme il m’avait  de plus donné rendez-vous à la Galerie des Arts , à cause de l’ambiance picturale, je pensais que l’interroger sur ses études  et ses activités en France serait une tâche difficile . Pas du tout. Il est très spontané.

— Dans le cadre , d’une maîtrise de spécialisation qui s’étale sur deux ans – contrairement à celle qui fait suite à une licence d’enseignement et qui ne demande qu’une année d’études. Il y a  tout d’abord deux certficats dont l’un se rapporte à la méthodologie et le second à un sujet  à plusieurs options au choix. Pour l'action du 25 mars 1972 copyma part , j’ai choisi de consacrer mon second certificat  à la muséologie . Dans ce cadre, je suis actuellement des stages d’initiation  au laboratoire du Musée du Louvre et au Musée des Arts et Traditions populaires qui vient d’^tre inauguré recemment . Ce musée a été fondé par  mon actuel professeur M. Georges Henri Rivière.

La deuxième année est consacrée à la rédaction  effective d’un mémoire de maîtrise. La critique d’art d’expression arabe  et le colloque sur la peinture arabe contemporaine qui va se tenir bientôt à Tunis sont les principales préoccupations actuelles de Naceur Ben Cheikh. Il en  explique les raisons et de temps en temps , pour affirmer ses connaissances, ouvre sa serviette, feuillette son carnet de notes..Les règles sont pour lui, très utiles.

— Mon propos ce n’est pas tellement de donner des jugements de valeurs  ou d’appréciation, mais de relater « ce qui est » , de trouver par une investigation qui se voudrait objective  et relèverait de la recherche des caractéristiques de ces écrits et, par là, j’entends soulever le problème du mot utilisé  dans cette discipline  ainsi que la vision qu’il pourrait donner  au public de l’art contemporain.

Le problème n’est pas une question de langue. Il a été prouvé que  la langue arabe  est capable d’exprimer notre époque  et sa civilisation technicienne, mais il y a celui de l’entendement  et d’une définition « El Istilah » en commun  du sens de certains mots techniques  utilisés dans les différents pays arabes.

Un exemple : l’Art Abstrait est traduit  en Arabe en Tunisie par « Fan tajridi », certains critiques égyptiens  utilisent le mot « tashkili ». De même pour la traduction d’art plastique , on utilise ce même qualificatif et ceci est à l’origine , en premier lieu, d’acceptions  différentes  d’un pays arabe à un autre  et de confusion entre des signifiés différents.

Et comme une tâche  aussi difficile  et aussi importante  que celle qui consiste  à résoudre ce problème se situe au-delà de la compétence d’un seul chercheur,, j’ai contacté, au mois de Juin 1971, à Paris, le Secrétaire Général  de l’Association  Internationales des Arts Plastiques pour lui suggérer la réunion, en Tunisie, d’un colloque qui traitera de ce problème de la langue arabe et son expression de la civilisation technicienne. La suggestion a été retenue et au mois de Juillet 1971, M. Malagola, Secrétaire Général de cette association m’informa  que l’UNESCO a accepté de financer ce projet  et qu’il a contacté  notre représentant M. Hédi Turki afin de connaitre l’avis de notre département des Affaires Culturelles

Je dois, à ce sujet, louer  l’activité de Si Hédi Turki qui a aussi  beaucoup fait pour que cette idée devienne une réalité concrète.                                                                      A.G.

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