Le peintre doit se sentir concerné par la finalité de son oeuvre. (Tunis 1972)

l’Action : vous avez participé au colloque sur les styles contemporains des Arts Plastiques arabes. Quels sont les conclusions à tirer de ces rencontres?

NBC : L’essentiel ne réside pas seulement dans les résolutions prises par les participants, lors de la dernière séance du colloque mais aussi dans la clarté avec laquelle les problèmes ont été posés. Pour une fois, nous avons dépassé la polémique de telle façon qu’une décantation s’est faite d’elle-même, basée comme elle l’était, sur une méthodologie historique.

L’un des constats les plus immédiats, révélés par cette décantation a été le dépassement irréversible d’une certaine manière de voir et de concevoir la peinture et l’acte de peindre.

Cette méthode historique, utilisée par la majorité des participants ayant présenté des communications, a permis, par exemple,de remarquer que les phénomènes inhérents à la situation d’acculturation qui était la nôtre et qui nous empêchait de nous voir avec nos propres yeux, cette situation est commune à tous les pays arabes .

De même, nous avons pu  observer naître une conscience nouvelle et une volonté d’assumer nos propres valeurs, en vue de dialoguer avec l’Autre pour reprendre la formulation de Abdallah Stouky (Maroc). D’autres problèmes  ont été posés aussi et ont trouvé leurs solutions heureuses avec l’accord de tous les participants, en particulier celui de la fonction de l’Art et la situation de l’artiste dans la société. Cette dernière question, pourtant fondamentale,  n’a jamais été posée d’une façon aussi radicale. Déjà, dès le début du colloque, Monsieur Chedly Klibi, Ministre de la Culture a orienté les discussions dans un sens constructif qui, tout en reconnaissant l’indépendance, l’unicité et la spécificité propre de la création artistique, tiendraient compte de la dialectique matérialiste  des conjonctures qui président à notre destinée.

L’Action : Comment se sont déroulés les débats  sur le rôle de l’artiste dans la société ?

NBC : Il y a deux tendances . La première, voulait que l’artiste se mette au service de la société dans les sens le plus immédiat et appelait par la même à un engagement littéraire et extra-pictural de l’acte même de peindre. On comprend fort bien cette façon de voir les choses, vu l’acuité des problèmes  dans lesquels se débat la société arabe contemporaine .

La seconde tendance consistait à considérer la création artistique comme un facteur dynamique de remise en question du réel, ce qui n’est autre chose qu’un engagement plus efficace et qui  ne va pas dans le sens du constat de ce qui est mais plutôt dans  celui de l’Histoire.

L’Action: D’après vous, quel est le rôle de l’artiste dans la société et l’acte de peindre n’est)il pas ,en soi, un engagement de la part de l’artiste ?

NBC : Justement, le résultat de cette confrontation entre les deux tendances auxquelles j’ai fait allusion, a été du côté de la deuxième. En effet, la première des motions votées allait dans ce sens : le meilleur service que pourrait rendre l’artiste à la société c’est de bien faire son travail .
A mon avis le peintre doit se sentir concerné par la finalité de son oeuvre et doit la considérer comme une partie  intégrante de soi-même et à travers laquelle il doit se définir.

L’oeuvre d’Art est essentiellement un produit de l’homme, dans ses dimensions : biologique et intellectuelle.L’acte de peindre quand il est entièrement assumé, constitue un engagement dans le sens le plus profond de la condition humaine.

L’Action : Etes vous  pour un mouvement  artistique à l’échelle maghrébine ? Et pourquoi?

NBC : Sur le plan pratique ,cette idée me semble fondée. C’est pour cette raison qu’elle n’a cessé de revenir avec insistance ces dernières années, à l’esprit des peintres et des critiques maghrébins .Ce n’est pas un hasard si une exposition a eu lieu  en 1967 à Tunis et sous ce titre . Vous-mêmes et il n’ y a pas longtemps , à l’exposition de Séhili , vous avez appelé à un regroupement  artistique à l’échelle maghrébine . A mon sens, ce regroupent ne pourrait être efficace et fructueux que dans le cadre d’une affinité d’options de base et de confrontation enrichissante . Cette confrontation pourrait avoir lieu aussi bien entre peintres  qu’entre critiques

A ce propos, on ne saurait jamais insister assez sur la nécessité de l’élaboration d’une théorie sur l’art, aussi bien au Maghreb qu’au  Machreq, comme l’a signalé d’ailleurs Mohamed Aziza , dans sa communication . Ceci m’amène à revenir sur un autre acquis du colloque , à savoir l’enrichissement de chacun des participants, par l’apport de l’autre . A titre d’exemple, j’ai remarqué une complémentarité manifeste entre mes recherches théoriques et celles de Abdallah Stouky (Maroc) Mohamed Aziza et relativement avec Mohamed Khadda (Algérie).

L’Action : Citez les noms de cinq peintres tunisiens, algériens et marocains qui peuvent représenter  un futur mouvement artistique maghrébin.

NBC :  On peut déjà remarquer une affinité de tendances à un niveau de signification au second degré, entre une certaine peinture existante dans chacun  des trois pays  et qui se veut universaliste , tout en tenant compte du patrimoine dans le sens le plus large du mot: artistique, humain, écologique et spirituel.

Pour ce qui est des noms, je citerais volontiers  Séhili, Belkhodja, Aly bellagha, El Bekri et moi-même, sans pour autant revendiquer une exclusivité quelconque de la notion maghrébine.

Parmi ceux que je connais en Algérie,Mohamed Khadda, Ben Anteur, Abdelhamid Ben Bella et le groupe Aouchem, pourrait répondre très largement à cette appartenance . Pour le Maroc il y a à signaler la presque totalité de la jeune peinture dans ce pays, à commencer par Farid Belkahia, Melihi, Gharbaoui.

L’Action :  Quelles sont vos différentes périodes de recherche plastique ?

NBC : Je ne peux pas parler d’une rétrospective définitive de mes recherches. tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, c’est de me mettre  à l’école de l’expérimentation  des différentes possibilités inhérentes à la nature du matériau utilisé à des fins d’expression plastique  authentique. Cette recherche s’accompagne parallèlement d’un effort de compréhension du phénomène de la création artistique. Le résultat auquel j’ai pu arriver , en tant qu’artiste, ne me satisfait pas. Par contre, il m’a aidé à comprendre  le phénomène de l’intérieur.  La part de ce qu’on appelle la technologie de l’art, c’est à dire le faire dans la création artistique. Je comprends, maintenant un historien comme Focillon a terminé son traité sur la peinture par « un éloge de la main » et qu’un grand penseur contemporain a défini l’homme comme étant un animal ouvrier.

Ceci est très important pour  la compréhension de la spécificité d’une tendance  importante de l’école arabe contemporaine dont je prétends faire partie. Dans quelle mesure mes recherches graphiques ne sont pas conditionnées par les gestes séculaires du calligraphe? La part de l’instrument, la plume, le pinceau, ou le calame est , à mon avis, très importante. A ce sujet, je me dois de signaler que le dernier point inscrit à l’ordre du jour dub colloque, à savoir la question technique , n’a été abordée que d’un point de vue individuel. En vérité, elle est capitale. Sa discussion aurait pu être plus en profondeur et permettre aux participants d’étudier la liaison de l’art moderne avec les acquis de la technologie contemporaine.

L’Action : Pour en revenir à vos recherches plastiques actuelles, quel est le rapport des lignes qui s’enchevêtrent , pour donner un mouvement dynamique aux lettres arabes ?

le peintre doit se sentir concernéNBC : L’intention de récupération des lettres arabes, pour la création artistique contemporaine a effleuré une foule de peintres d’Orient et d’Occident . Pour ma part, il ne s’agit pas d’utiliser ces matériaux comme point de départ d’une recherche quelconque. J’estime que la calligraphie arabe traditionnelle doit être considérée dans la conjoncture historique qui  a présidé à sa naissance. La seule leçon que l’on pourrait tirer c’est  qu’elle a donné lieu à différents styles variés, ayant chacun  son unité propre. C’est qu’à l’origine, l’écriture arabe rejoint un certain ordre naturel des choses tout à fait comme celui de l’arbre qui pousse, des cellules biologiques, du corps humain, du monde animal et végétal aussi bien que d’un point de vue microscope  que macroscopique. Cet ordre naturel est la conséquence de l’unicité de l’impulsion interne originel. L’écriture arabe faisant partie de cet ordre, peut être utilisée pour tracer et figurer le monde de l’homme où se trouve imbriqué et le matériel et le spirituel. j’essaie de prouver  le bien fondé de ce que je viens d’avancer par une double démarche, pratique et théorique. A ce niveau, il ne s’agit plus d’abstraction ou de figuration, mais plutôt de concrétion et par la même je pense rejoindre l’universalité, en partant du geste calligraphique propre  à ma tradition culturelle.

L’Action :  Est-ce que l’Idée, chez vous précède le geste ?

NBC : Je ne suis pas le seul à croire que la fameuse définition de  Léonard de Vinci « la peinture est chose mentale » est dépassée. Il est vrai qu’elle a été d’une certaine création intellectualiste dans laquelle je pourrais inclure Raphael, Poussin, Mondrian et Belkhodja. Mais je peux dire que dans une large mesure, elle est le résultat d’une rationalisation et non pas  d’une participation . Or, comme je viens de l’expliquer, pour ce qui est de mes recherches personnelles , je suis pour une  participation consciente et un dynamisme assumé et par conséquent l’idée et le geste sont inexorablement liés dans mon acte de peindre.

وسام غرس الله للناصر بن الشيخ : …..أو أنكم متألمون بسبب عدم دعوتكم لاحدى الندوات

 

Naceur Ben cheikh
الجمعيات المختلفة للفنانين التشكيليين التي يتمعش أصحابها من الوساطه الغير الشرعيه بين منخرطيها ووزارة الثقافة تشير كل الدلائل على أنها تمثل نوعا خطيرا من الفيروس الذي يحكم على الإبداع في تونس بالعقم المتواصل و على الوزارة أن تؤهل نفسها لكي تتحمل مسؤوليتها في النهوض بالقطاع دون الخوف ممن يدعون أنهم الممثلون للقاعده الابداعيه فهم لا ييمثلون في أغلبهم حتى أنفسهم.

Garsallah Wissem

ردا على مقالكم الذي ورد فيه تعد واضح على الهيئة المديرة لاتحاد الفنانين التشكيليين التونسيين: أولا: يؤسفني هذا التهجم من قبلكم على « اتحاد الفنانين التشكيليين التونسيين  » الجمعية التي ستحتفل بخمسينيتها سنة 2018 والتي تَجَنَبتَ ذكرها بالنص والعنوان واعتمدم التلميح لها ووصفها « بالتجمعات الفنية التي يتمعش أصحابها من الوساطة بين وزارة الثقافة وعموم الفنانين التشكيليين » لنقول لك، بان هذه المنظمة العريقة ينطبق عليها قانون الجمعيات، وليس لها أصحاب ليتمعشو من الوساطة، بل لها هيئة مديرة و قريبا تنسيقيات جهوية تسير الجمعية وفق ما ينص على ذلك القانون الاساسي لها، وهو دور أبعد ما يكون على الوساطة، ويكون بشكل تطوعي و بدون مقابل (وان كان لديك ما يثبت العكس فالرجاء تقديمه للعموم) أما دور الوساطة والوصاية فنتركه لآخرين لا داعي لذكرهم. وان كان لك ما تعيبه على شخص المسؤول الأول الحالي على الإتحاد وهو من الجيل الثاني من طلبتك، ولازال، فاعلم سيدي و أستاذي ، وبصفتي المسؤول الأول عن هذه المنظمة أن تسيير الاتحاد الذي أتحمله بكل فخر اليوم ارتقى الى مستوى العمل المؤسساتي ولن اطيل من باب لقد قمنا و انجزنا و فعلنا لأن مجال هذاالتقرير الادبي و الجلسات العامة والحساب يكون من طرف أعضاء الاتحاد ولا دخل لغيرهم في عمل هذه الجمعية فهي ليست الوزارة أو الدولة، وان كنت تعتبر نفسك لا زلت عضوا في هذه الجمعية كما أعلم حيث لم نتلقى منك طلب سحب عضوية، فانه من واجبك التحفظ والادلاء بدلوك في الجلسات العامة. ثانيا: لم نكن نتوقع أنكم سريعو الاستفزاز وتستمعون للنميمة و تعادون الاتحاد الى هذا الحدّ ، والا لما شاركتم في جميع المعارض التي تم تنظيمها من طرف هذه الجمعية منذ سنة 2013 وفي كافة الندوات التي تم تنظيمها سنة 2013 و 2014 وكنت حاضرا معززا مكرما. كما أن ندوة هذه السنة والتي تم تنظيمها لتسجيل تاريخ الاتحاد لم تتجاوز مجال الادلاء بالشهادات من طرف الرؤساء السابقيين للاتحاد، وانت لم تكن من بينهم ولذا لم نتوجه لكم بالدعوة كمتدخل، انما كان يشرفنا حضوركم من بين الضيوف ولم يصدر منا عكس هذا الامر سرا أو علنا. اضافة الى أن الاشراف على هذه الندوات من مسؤولية أشخاص آخرين وليس الأمين العام. ثالثا: ان افتخاركم بالمواقف التي اتخذتموها سابقا من هذه الجمعية منذ 30 سنة أو أكثر والتي تعيدون نشرها في كل مرة، سواء كانت مقبولة أو مرفوضة فهو أمر يتجاوز التقدير الشخصي لكم، والحكم حولها نتركه للتاريخ خاصة و اننا لم نعش تلك الفترة ولسنا نملك آليات التقييم الضرورية لمثل مواقفكم التي بالتأكيد لا تصلح لكل زمان ومكان خاصة وانك بعيد كل البعد عن مشاغل الاتحاد وهمومه اليوم. رابعا والاهم: من حقنا أن نخطئ و من حقكم النقد، أما المس بمصلحة الفنانين و مصلحة المنظمة، ومصلحة المبدعين لا لشيئ سوى أن لكم موقفا مغايراphoto de nuit أو أنكم متألمون بسبب عدم دعوتكم لاحدى الندوات أو لأن شخصا كان أراد استفزازك لتحصيل مادة اعلامية رخيصة على حدّ تعبيركم. فهذا أمر غير مقبول. وينم عن ضيق صدركم بالرأي الآخر وانخراطكم في ما يعرف اليوم بصراع الاجيال، فاتركونا نعمل ونخطأ و هذا حقنا الانساني، وفي الاخر ما ادوم لحدّ. أرد بكل احترام لأنكم قبل كل شيء أستاذي، وكم عملنا سابقا متطوعين لفائدة معهدنا وبلدنا من معرض الى معرض و من مؤتمر الى آخر، ولم نكن لا طماعين ولا مبتزين ولا وسطاء ولا قفافة ولحاسين، وأنت أعلم. وبحيث لم نكن كذلك سابقا لن نكون اليوم لأننا ننظر الى مستقبلنا و مستقبل الفن بكل تفاؤل فهو أمامنا. واهنؤك في النهاية بأن الاتحاد له رجاله و للقطاع رجال ، أقولها بلغتي  » رجال ونصف » يعطيو للاتحاد من جهدهم ومالهم ولا ينتظرون منه مقابل على عكس الكثيرين الذين يتقاعسون حتى عن ادائه حقه والذين يمثل بالنسبة لهم مصدر قلق لانه …. لن يسكت عن ظلم وعن فساد ولن ينخرط في منظومات السلب لمال الشعب والضحك على الذقون… للعلم منحة الوزارة للاتحاد هي في حدود 20 ألف دينار فقط و هي أقل من أي منحة توجه لأي مشروع تتقدم به دار ثقافة أو مهرجان أو دعم عرض مسرحي أو دعم لعرض غنائي ولا تقارن بميزانيات جمعيات أخرى 

ما على هذا الشكل يكون الإعلام الثقافي الرصين والمثقف يا سي محمد !

« إعلام العار ». أضعها بين ظفرين لأني أستعرتها ممن قد تصح في شأنهم هاته الكلمات البذيئة والسوقية بالأساس ومن هؤلاء شخص متطفل على الحقل الإبداعي وبخاصة مجال الفنون التشكيليه يقدم نفسه كمدير لنشرية الكترونية يبدو وأن ممولها من رجال الأعمال المستثمرين في السياسة مع أحزاب مختلفه . ومنذ أسابيع قليله اتصل بي طالبا مني أن أحضر الملتقى الذي نظمته إحدى التجمعات الفنية التي يتمعش أصحابها من الوساطة بين وزارة الثقافة و عموم الفنانين التشكيليين و التي أدعو إلى حلها أو إلى عدم تمويلها المباشر والغير المباشر من طرف وزارة الثقافه حتى تتبدى للعيان مقدرتها على البقاء بإمكانياتها الحقيقية التي تشرع وجودها على أرض الواقع. فأجبته بأن موقفي معروف ومعلن عنه و عبرت عنه في فترات سابقة من داخل هذه المنظمه من باب النقد الذاتي الداخلي بغية التطوير والإصلاح. فأجابني بأن المسؤول الأول الحالي على المنظمة وهو من الجيل الثاني من طلبتي قد قال له  » يمكنني أن أستدعي أي شخص ما عدى الناصر بن الشيخ » واستمعت اليه مشتما من قوله رائحة الإستفزاز والنميمة بغية التحصيل على « مادة إعلامية » مثيرة يتمكن بواسطتها من أن يرفع من عدد زوار موقعه الالكتروني. وتأكدت من سوء نواياه عندما حضر معنا طيلة يومين الملتقى العلمي الذي نظمته بسوسه جمعية ثقافية يترأسها صديقي القديم عبد العزيز بلعيد بالمشاركة مع المعهد العالي للفنون الجميلة بسوسه. وذلك لما قرأت الصيغة الإستفزازيه التي صاغ من خلالها ما نشره بموقعه متهجما على الزملاء الباحثين دون ذكر أسمائهم مما جعل تهجمه يقصد منه التهجم على كل الجامعيين. فما يمكن أن يوجهه الجامعيون لبعضهم البعض من نقد بناء أساسه المحاورة العلمية لا يصح تحويله أخلاقيا إلى جدال عقيم يشبه ما تقوم به قناة إعلام العار العميله قناة الجزيره في  » الرأي والرآي الآخر ».كذالك استغلاله لصورة زميلي الفنان رفيق الكامل لدى إدلائه بشهادته ولومه على بعض الباحثين على عدم الإهتمام بما يجري على الساحة الفنية خارج الجامعة وهو محق في ذلك فجعل من فنان كبير وأستاذ أجيال بمعهدي الفنون الجميلة بتونس ونابل شخصا استفزه الحال المتدني للجامعه فقام برد الفعل. ما على هذا الشكل يكون الإعلام الثقافي الرصين والمثقف يا سي محمد !

Ouvrez donc l’œil !

 

Photo naceur ben cheikh
Image 4

Quatre  photos que je publie l’une à la suite de l’autre, dans l’ordre chronologique de leur fabrication. Elles sont toutes trois produites par le recours à des outils de logiciels connus, utilisés aussi bien conformément à leurs fonctions programmées que d’une manière aberrante, erratique et souvent hasardeuse mais qui n’échappe pas à l’attentive vigilance de l’artiste habitué à la maitrise du hasard.La première a été réintroduite dans un programme automatique qui l’a transformée en couverture d’un objet dit 3D que j’ai soumise, ensuite, à des déformations transformations, selon la même démarche erratique, déjà annoncée plus haut, en y ajoutant, au centre, la rosace ou mandala ou khetma, simplifiée à l’extrême, qui est elle-même produite par une programmation personnelle d’un outil à vocation généralisante et qui me permet de lui faire réaliser, non pas ce dont il a été programmé à reproduire par son ingénieur concepteur, mais une infinie variétés de ces figures mathématiques que d’aucuns prendront pour des images fractales. La troisième image est un agrandissement du centre de la seconde et qui montre que la haute précision d’une image numérique n’est pas fonction de sa haute définition.Ceci est valable pour toutes les images que je fabrique, depuis plus de cinq ans..
Une quatrième image  est semblable et non identique au gros plan sur l’élément central très simplifié et qu’ici, j’ai rendu plus complexe, sans que sa teneur en « précision » soit atténuée.
Il est question, non pas de « haute définition », mais de « grande présence » de l’image, qui sans prétendre ressembler à un quelconque réel, ou même surréel, impressionne la vue et s’impose à notre regard comme comme étant une réalité « matérielle » tangible, sans avoir besoin de référent autre que l’organisation spécifique de ses pixels. Appelons cela une image de « très basse définition » dont la séduction provient du fait qu’elle « fait sens » et  non pas du fait qu’elle « fait illusion de réel » qui lui donnerait son sens, comme c’est le cas de l’image numérique de haute définition. Ainsi cet objet ne serait ni un objet (ceci n’est pas une pipe)ni l’image d’un objet (ceci est un tableau représentant une pipe) ni une image concept comme en Design (l’idée virtuelle d’un futur tableau), mais tout simplement « une image numérique ». Dont on ne peut nier la présence au monde, au sein duquel elle fait partie de « la matière immatérielle », utopie dans la réalité. Image de nature numérique qui n’est au service d’aucune technologie de la représentation illusionniste, par lesquelles les images de haute définition dominent le monde en le fascinant. Rappelez vous les images des génériques du JT d’Aljazira. Durant près de trente secondes, on vous prépare, le fond sonore aidant, à ingurgiter les images qui vont suivre, en les prenant pour de la réalité. Vous êtes alors prêts à être séduits, par la haute technologie au service du Qatar, comme vous serez séduits par les grands hôtels de luxe saoudiens qui surplombent de Très Haut, la désormais  « Minuscule Kaaba ».  Ouvrez donc l’œil ! 

12998471_10209302074178961_5539639547878570047_n
IMAGE 2
12986940_10209302069898854_5694694911011635649_n
IMAGE 1
13001146_10209302078179061_6678161240945297042_n
IMAGE 3

Inaugurations à Sfax-Moulinville

Inaugurations à Sfax-Moulinville (1928)

             Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez vous.  (Paul Eluard)                                                             11036266_857319407640283_6410675048173616574_n

Situés au centre ville, sur l’Avenue du 5 Août, les locaux que la nouvelle Ecole des Beaux-Arts héritait de L’Institut Supérieur de Formation des Maîtres, étaient, en fait, ceux d’une école primaire française de l’époque coloniale, jumelle d’une autre qui lui était juxtaposée.

Il y a, dans la vie, de ces hasards, qu’il faut savoir saisir, au passage, pour les transformer en moments agréables et enrichissants. Tout comme celui qui m’a mis entre les mains, après celles d’autres, ce document manuscrit, calligraphié de main de maître, à la plume, par le premier directeur de cette école primaire dont je venais d’hériter la responsabilité de la sauvegarde de ses archives. Ce qui n’a pas manqué de me réchauffer le cœur, en me faisant sentir que j’étais, en fait, le dernier locataire d’un lieu qui avait son histoire. Ce registre, sur cahier d’écolier, s’ouvre sur l’évocation de «la fête  de l’inauguration du groupe scolaire de Sfax Moulinville » qui s’est déroulée, sur deux jours, le 30 Novembre et le 1er Décembre 1928. Y avaient assisté, cités dans l’ordre établi par l’auteur, « des personnalités telles que Le Colonel Caillou, commandant d’armes, Mr et Mme le Contrôleur Civil (Bertholle), le Caïd gouverneur de Sfax, Si Chedli, le Caïd de Djebéniana, Si Kaddour, Mr et Mme Jourdan, Inspecteur de l’Enseignement Primaire. (…)En soirée, dans l’une des salles de classe de l’école de filles, a lieu une petite sauterie, terminant de la plus agréable des façons, cette mémorable journée pour les élèves de Moulinville. » Des statiques nous sont données (sous forme de tableau). Ainsi, l’on apprend qu’en date du 30 Juin 1929, sur les 151 élèves que comptait le groupe scolaire avec ses deux écoles jumelles, il y avait 94 français dont 63 filles et 31 garçons, 31 israélites dont 20 filles et 11 garçons, 5 musulmans dont 4 filles et 1 garçon, 8 maltais dont 6 filles et 2 garçons et 13 italiens dont 10 filles et 3 garçons

Au fil des jours, des semaines et des années, ce journal de l’école finit par couvrir une période qui commence en 1928 et s’achève en 1941, par une information concernant un message adressé, par les élèves de l’école, au Maréchal Philippe Pétain (qui depuis le 16 Juin 1940 «préside», à 84 ans, aux destinées d’une France occupée), et auquel ce dernier avait répondu, en conseillant aux jeunes de cette école de Moulinville de « sauvegarder, en eux-mêmes, la fierté de se sentir français ! » En l’espace de près de 13 ans, que couvre le registre, on aura assisté, également, aux visites médicales du Docteur Larché qui n’a jamais, ou presque, rien signalé, à la différence du Docteur Younès qui est toujours là, pour traquer le trachome et la gale, y compris chez les petits français de Tunisie. Le journal signale, des visites, de personnalités importantes. Nous y apprenons que «  le 28 Mai 1929, Mr et Mme Manceron visitent Sfax. Les élèves sont conduits sur le parcours du cortège et saluent le Résident » et que « le lundi 13 Avril 1931 à 2h30, les élèves des écoles de Sfax sont conduits sur le passage du Président de la République, Mr Gaston Doumergue et l’acclament ».

Le destin a voulu, également, que ce témoignage vivant sur la ville de Sfax des années trente auquel j’ai eu la chance d’accéder, soit enrichi par la visite, quelques mois plus tard, d’un groupe de personnes, relativement âgées, des anciens de l’école de Moulinville, qui m’ont ému par la joie évidente qui s’exprimait sur leur visages, transfigurés par la nostalgie, de retrouver, dans l’angle sud ouest de la cour, le ficus de leur enfance, que le passage du temps a rendu majestueux. Ils étaient conduits par un homme jeune et affable, qui m’avait offert sa carte sur laquelle était inscrit : « Gérard Ghariani, Président de l’Amicale des Sfaxiens du Monde 

 ———————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————

] Le classement des  élèves  par « nationalité  religieuse » n’est pas, en fait, conforme à l’esprit de la Circulaire du 15 Janvier 1907, de la Direction Générale de l’Enseignement sur   la continuation, au jour le jour de l’Historique des Ecoles. Celle-ci recommande, le classement du nombre d’élèves, par nationalités. Or, comme on peut le remarquer, il est question de français, de maltais et d’italiens, quant aux tunisiens, ils sont classés par religion : israélites et musulmans. Cela permet de transformer le Protectorat en Colonie (on cite pas de nationalité tunisienne) et d’introduire une division malsaine entre tunisiens, sur la base de cette distinction religieuse communautariste et non conforme à l’éthique de l’école républicaine fondée par Jules Ferry (loi de 1882 proclamant l’école gratuite, laïque et obligatoire, complétée, plus de vingt ans plus tard, par la loi de Décembre 1905). D’autant plus que cette « école Cachat », (c’est ainsi que les sfaxiens la désignent, encore, aujourd’hui) est un établissement d’enseignement français et non pas franco-arabe.

ما أشبه زمن ابي حيّان بزمننا

ما أشبه زمن ابي حيّان بزمننا      : نشر على الفايسبوك بتاريخ نوفمبر 2009

اسمع أيها الإنسان بدعا من الكلام و غريبا من المعاني. فٳني أقول :

لاحت بوادر التمني فسمت نحوها نواظر الافتقار و تهيأت صور المعنى تبدو فتقطعت عليها أكباد الأحرار٬ و أذعنت النفس الأبّاءة – على مداهنتها- تروم حيلة المشار إليه مستوفاة بقضايا الحس٬ والحس حاكم مرتش٬ وخابط خبط عشواء في ليل مدلهم. و إنما انخدع به من وزن حقائق مطالبه برأيه المتّهم و خاطره الكذوب. و قد طالت الشكيّة و دامت البلية و تضاعفت الرزية ٬ في تسلسل قول لا يبرز معناه من خلل حجبه (….)
هيهات ٬ زاغت الأبصار ٬ وبليت الخواطر ٬ و افتضحت السرائر٬ وانعكست الأوائل على الأواخر و غارت العين في منابعها و ردّ القول في وجه القائل٬ و كسر التحصيل في نحر العاقل٬ و قيل للسامع: صمّ٬ لعلك تنجو٬ و للقائل: اخرس٬ فعساك تسمو٬ و للناظر:غمّض٬ فلعلك ترنو. فهذه أعلام الحق قد علت إلى مراتب التطويح٬ و صار مصير الفصل إلى رتبة الظن٬ و هجنة الكذب و سخافة الحال (….) كل ذالك من عشق الآفة و إيثار الزهرة و التعرض إلى لما لا يصفو بحيلة…
هذا لسان التصوف ٬ و التصوف معناه أكبر من اسمه و حقيقته أشرف من رسمه.
فأما قواعدي التي بنيت عليها أمري٬ وأركاني التي أسندت إليها شأني ٬ فأشياء لا يحويها شرح كتاب و لا يستغرقها بيان خطاب لأنها مشتبهة المناظر٬ متلونة البواطن و الظواهر(….)

ثم حللت ساحة الرسوم متربعا على توفية العمل بقدر الوسع وبذل الجهد.

أبو حيان التوحيدي

« الٳشارات الإلاهية»

معتبرا أن مقام المبدعين من طينة التوحيدي قد يرقى إلى مرتبة الأنبياء و أن البعض من أقواله يتجاوز معناه زمن ٳنتاجه مؤيدا في ذلك ما كتبه ماركس حول اختراق مضمون الأعمال الفنية لتاريخيتها الموضوعية٬ قمت فيما بين شهري ديسمبر 1977 و جانفي 1978 بٳضاءة لوحاتي – أو ٲلواحي ٬ أو أحوالي – بهذه المقتطفات من الإشارات الٳلاهية . فما أشبه زمن ابي حيّان بزمننا.

J’avais renoué, en fait, avec une position que j’avais prise en décembre 1977, presque vingt ans auparavant, quand j’avais monté une grande exposition, à la Galerie de L’Information à Tunis, qui comprenait, aux côtés de mes travaux, d’autres œuvres, réalisées par feu ma mère, l’ensemble éclairé par la présence d’un texte d’Abou Hayan, sous forme de bandelette d’une seule ligne, calligraphiée par mes soins et que j’ait fait courir, tout au long de la cimaise, à quelques dizaines de centimètres sous plafond. Obligeant le lecteur visiteur à déambuler, autour de ce vide, non occupé par les œuvres, transformant la galerie en Mosquée ouverte. Espace désormais sacralisé et protégée par le sens libérateur de la parole mystique de Tawhidi, contre les assauts répétés des intégrismes de tous bords qui se disputaient le marché des idéologies de la fin, déjà inquiétante, de ces années soixante dix.
L’un des moments forts de cette manifestations, resté gravé dans ma mémoire, c’était lorsque j’avais eu à écouter avec un sentiment de profonde sympathie, dans l’espace de la galerie, le grand poète M’naouar Smadeh, à un moment où il avait déjà largement entamé sa rupture avec la parole commune, pour résider, éternellement, « dans les mots », tout comme ce peintre chinois qui n’était jamais revenu d’un voyage à l’intérieur de l’une de ses peintures.

Extraits de mon dernier livre : « la culture et l’université à l’épreuve de l’économie ».
c’était lorsque j’avais eu à écouter avec un sentiment de profonde sympathie, dans l’espace de la galerie, le grand poète M’naouar Smadeh,c’était lorsque j’avais eu à écouter avec un sentiment de profonde sympathie, dans l’espace de la galerie, le grand poète M’naouar Smadeh,les visiteurs étaient obligés d'élever leurs regards vers le haut de la cimaise pour lire le texte de Abou Hayan.les visiteurs étaient obligés d’élever leurs regards vers le haut de la cimaise pour lire le texte de Abou Hayan.l’ensemble éclairé par la présence d’un texte d’Abou Hayan, sous forme de bandelette d’une seule ligne, calligraphiée par mes soins et que j’ai fait courir, tout au long de la cimaise, à quelques dizaines de centimètres sous plafond.l’ensemble éclairé par la présence d’un texte d’Abou Hayan, sous forme de bandelette d’une seule ligne, calligraphiée par mes soins et que j’ai fait courir, tout au long de la cimaise, à quelques dizaines de centimètres sous plafond.

ما أشبه زمن ابي حيّان بزمننا

10981395_1408908142756704_2307383568244087285_n

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               نشر على الفايسبوك بتاريخ

اسمع أيها الإنسان بدعا من الكلام و غريبا من المعاني. فٳني أقول :

لاحت بوادر التمني فسمت نحوها نواظر الافتقار و تهيأت صور المعنى تبدو فتقطعت عليها أكباد الأحرار٬ و أذعنت النفس الأبّاءة – على مداهنتها- تروم حيلة المشار إليه مستوفاة بقضايا الحس٬ والحس حاكم مرتش٬ وخابط خبط عشواء في ليل مدلهم. و إنما انخدع به من وزن حقائق مطالبه برأيه المتّهم و خاطره الكذوب. و قد طالت الشكيّة و دامت البلية و تضاعفت الرزية ٬ في تسلسل قول لا يبرز معناه من خلل حجبه (….)
هيهات ٬ زاغت الأبصار ٬ وبليت الخواطر ٬ و افتضحت السرائر٬ وانعكست الأوائل على الأواخر و غارت العين في منابعها و ردّ القول في وجه القائل٬ و كسر التحصيل في نحر العاقل٬ و قيل للسامع: صمّ٬ لعلك تنجو٬ و للقائل: اخرس٬ فعساك تسمو٬ و للناظر:غمّض٬ فلعلك ترنو. فهذه أعلام الحق قد علت إلى مراتب التطويح٬ و صار مصير الفصل إلى رتبة الظن٬ و هجنة الكذب و سخافة الحال (….) كل ذالك من عشق الآفة و إيثار الزهرة و التعرض إلى لما لا يصفو بحيلة…
هذا لسان التصوف ٬ و التصوف معناه أكبر من اسمه و حقيقته أشرف من رسمه.
فأما قواعدي التي بنيت عليها أمري٬ وأركاني التي أسندت إليها شأني ٬ فأشياء لا يحويها شرح كتاب و لا يستغرقها بيان خطاب لأنها مشتبهة المناظر٬ متلونة البواطن و الظواهر(….)

ثم حللت ساحة الرسوم متربعا على توفية العمل بقدر الوسع وبذل الجهد.

أبو حيان التوحيدي

« الٳشارات الإلاهية»

معتبرا أن مقام المبدعين من طينة التوحيدي قد يرقى إلى مرتبة الأنبياء و أن البعض من أقواله يتجاوز معناه زمن ٳنتاجه مؤيدا في ذلك ما كتبه ماركس حول اختراق مضمون الأعمال الفنية لتاريخيتها الموضوعية٬ قمت فيما بين شهري ديسمبر 1977 و جانفي 1978 بٳضاءة لوحاتي – أو ٲلواحي ٬ أو أحوالي – بهذه المقتطفات من الإشارات الٳلاهية . فما أشبه زمن ابي حيّان بزمننا.

 

A quoi sert l’Union des Artistes Plasticiens ? Depuis quarante ans, c’est de mal en pis

1918809_1226382669793_5925623_n

Samedi 25 Octobre 1975, s’est tenue à la Maison de la Culture, Ibn Khaldoun l’Assemblée générale de l’Union Nationale des Arts Plastiques et Graphiques (UNAPG). Une assemblée générale fort attendue, si l’on en juge par le nombre peu habituel des artistes présents, (une cinquantaine) dont certains étaient venus des villes de l’intérieur. La réunion s’est déroulée dans une atmosphère détendue et solennelle à la fois. Le Président de séance, M. Hassan Akrout a tenu à remarquer, en tant que vice-président du Comité Culturel National et représentant à l’occasion Monsieur Le Ministre des Affaires Culturelles, que l’Etat apportait son total soutien aux artistes et à leur organisation. Il a souligné le rôle dynamique d’animation culturelle que l’UNAPG est appelée à jouer , aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays.

Ensuite, le président sortant, en présence des membres de son bureau ainsi que de Messieurs Louati et Klibi , respectivement chef du service des Beaux-Arts au sein du MAC et directeur de la Maison de la Culture Ibn Khaldoun, a lu le rapport moral. M. Zoubeir Turki a particulièrement insisté sur la bonne marche de l’organisation ainsi que sa consolidation continuelle, « ceci malgré les difficultés que lui ont provoquées, pendant un moment , aussi bien l’administration que l’attitude d’une certaine presse ». Ensuite Monsieur Sadok Gmach, Secrétaire Général et Trésorier sortant a lu le rapport financier , en faisant savoir que la somme allouée par le Département des Affaires Culturelles à l’Union est passée de mille dinars à mille cinq cents dinars, pour atteindre cette année, les deux mille dinars.

Les deux rapports ont été approuvés à l’unanimité par l’Asseblée, après quelques discussions portant sur les rapports existant entre l’organisation et le ministère de tutelle. A la question posée par Monsieur Mahmoud Ettounsi à ce sujet, Monsieur Akrout a répondu qu’il n’y avait pas de délimitations précises de ces rapports et qu’on peut dire qu’il s’agit d’une collaboration étroite et fructueuse, concrétisée par la création d’une commission des Beaux-arts dont la majorité des membres est constituée par des artistes plasticiens adhérents de l’Union.

DES ELECTIONS DEMOCRATIQUES

Ensuite a eu lieu l’élection du nouveau président ainsi que celle du nouveau bureau. Trois candidats se sont présentés : Aly Aïssa, Ibrahim Dhahak et Aly Bellagha. Le résultat du scrutin a été le suivant : Aly Aïssa , deux voix, Ibrahim Dhahak, quatre voix et Aly Bellagha,, une quarantaine de voix, écrasante majorité. Parmi les anciens membres du bureau qui ont été réélus , figurent Sadok Gmach, Abdelaziz Gorgi, Hédi Turki et Hédi Selmy. Parmi les nouveaux, on remarque la présence de Mahmoud Sehili, Habib Chebil, Mohamed Ben Meftah et Abdelmajid El Bekri.

L’UNION POUR « QUOI  FAIRE ? »

Créée, il ya sept ans sur l’initiative de M. Tahar Guiga , alors directeur des Arts et des Lettres au Ministère des Affaires Culturelles, l’Union des Arts Plastiques et Graphiques, groupe près de 80 peintres, sculpteurs et graphistes. C’est là, du moins le chiffre avancé par les dirigeants de cette organisation. Dotée d’un statut qui lui confère le rôle important de promouvoir la création plastique dans le pays, elle se veut une plate-forme de rencontres et de collaboration entre les artistes tunisiens de toutes tendances. De par sa situation, au sein des organismes qui veillent à la bonne marche et à la dynamisation de la vie culturelle, elle se présente comme une institution à but non lucratif qui permet au département de tutelle, celui des Affaires Culturelles, de tenir compte, dans les faits, de la volonté des artistes, dont l’Union est censée être le porte parole. Son existence permet à la politique culturelle en matière de promotion de la création artistique de répondre aux besoins réels de la base, (constituée dans cette acception par la majorité des artistes existants) et d’éviter, par la même, de se laisser dans des considérations théoriques et abstraites, surtout en matière de culture, toute structure bureaucratique.

Voilà quant aux finalités de départ. Elles sont, comme on peut le constater, généreuses. Qu’en est-il dans la réalité des faits ? Examinée sous cette optique, la situation de l’Union nous semble souffrir d’une ambigüité issue d’un ensemble de faits concrets qu’il serait utile d’élucider, dans un souci de clarté et d’efficacité.

Tout d’abord, pour ce qui est de la finalité : depuis sa création, cette organisation n’a pas pu ou n’a pas voulu choisir entre une certaine orientation corporatiste à l’occidentale et des préoccupations plus globales de participation à la promotion d’un art tunisien authentique et signifiant, au sein de la société tunisienne, qui l’adopterait ou, mieux, en ferait un moyen de réflexion et de prise de conscience de soi. Cette ambigüité est aussi la conséquence directe des conditions dans lesquelles cette organisation a vu le jour. En vérité, elle a été le résultat d’un compromis entre les différents intérêts qui étaient et sont encore ceux des « groupes rassemblements » dont l’essence est incontestablement corporatiste. C’est pour cette raison que durant les sept dernières années que vient de vivre ce « super rassemblement » d’artistes, la question autour de laquelle les discussions ont toujours tourné a été celle de la manière la plus équitable de distribuer les commandes ou de partager les « encouragements » que l’Etat prodigue aux peintres faisant partie de ce rassemblement Cet aspect des préoccupations des membres de l’Union pose d’ailleurs au niveau de la définition des critères à partir desquels on décide de l’acceptation   ou bien du refus des demandes d’adhésion formulés par les artistes. Celui du professionnalisme, étant assez vague et difficile à assumer dans une société comme la nôtre, laisse à ceux qui ont le pouvoir de décision une marge d’interprétation souple et large qui présente ses inconvénients, comme ses avantages. Tout en permettant à l’organisation de s ‘adapter aux données du réel et à l’imprévisible, elle ouvre, par la même, la voie de l’arbitraire et aux appréciations partisanes. Ces risques sont encore aggravés par le système « démocratique » à l’occidentale qui est adopté dans les élections qui ont lieu tous les trois ans pour désigner le bureau et le président de l’organisation. Né de la volonté de compromis entre les intérêts de différents groupes et non de celle de promouvoir une culture nationale développée, ce système aboutit , en fin de compte, à une surenchère électoraliste qui devient la motivation de l’action du bureau élu . Et comme on le sait, la référence au plus grand nombre , en matière de culture en voie de développement peut aboutir à des résultats diamétralement opposées  à ceux que l’on pourrait attendre.

En deuxième lieu, il s’agit  de considérer les relations  qui doivent exister  entre une organisation d’artistes , d’un côté et de l’autre, le « ministère de tutelle ». Ces liens n’ont pas été jusqu’ici, clarifiés. Si l’on se réfère  à un manuel de droit administratif , rédigé à l’intention des élèves et étudiants de l’ENA, on remarquera que l’Union des Artistes Plasticiens dépend du cabinet  du Ministre des affaires Culturelles . Etant créée sur l’initiative  de la Direction des Arts et des Lettres, on peut aussi supposer qu’elle relève de la division des Beaux-Arts. Or, dans un rapport, relativement récent, on peut lire ,sous la signature d’un responsable du Ministère des Affaires Culturelles que les rapports entre le Département de la Culture  et les associations d’artistes peintres et sculpteurs s’effectuent par l’intermédiaire du Service des Beaux-Arts du Comité Culturel National. Quelles sont les limites  des prérogatives de chacun de ses organes  qui se proposent tous de gérer  et de promouvoir la création plastique dans le pays ?

Il appartient donc, au nouveau bureau de définir, sur des bases plus concrètes,, aussi bien la vocation de cet organisme que les moyens d’action qu’il compte adopter  pour que l’Union des Artistes Plasticiens joue pleinement son rôle  dans la tâche spécifique de développement culturel à laquelle les artistes tunisiens devraient être « naturellement » attelés.

Pour ce faire, il faudrait que les membres de ce nouveau bureau, choisissent, une fois pour toutes entre l’orientation corporatiste,  à savoir la défense des intérêts des artistes existants, d’un côté  et de l’autre  l’action conséquente  qui consisterait à faire  de cette Union pàrtrait nbc années 70 un instrument efficace d’alphabétisation plastique et de promotion d’un art tunisien développé et signifiant. Se limiter à la vulgarisation de la production actuelle et passée ne nous semble pas avoir donné ses fruits. Les artistes tunisiens ont grand besoin d’un dialogue fructueux, basé sur des considérations artistiques et non pas personnelles ou « personnalisées »

Par ailleurs, une certaine « économie » d’énergie ,au niveau de la gestion des Arts Plastiques dans le pays nous semble nécessaire ; afin d’éviter les « surenchères » entre différents organismes et services , « surenchères » dont la conséquence ne sera pas nécessairement la promotion tunisien authentique . Nous entendons par AUTHENTIQUE, un art de notre époque et résultant de la compréhension profonde de NOTRE REALITE ACTUELLE.

Une fois cette clarification faite, il va de soi que le statut « juridique » de l’Union sera relégué au second plan. Car, l’essentiel, selon nous, ne réside pas dans les déclarations de principe et la prise en considération des situations exceptionnelles, mais plutôt dans la pratique quotidienne, efficace, consciente de ses possibilités et surtout de ses finalités.

Et ce n’est qu’à ce prix que l’on pourra lutter contre le phénomène de l’abstentionnisme négateur qui risque de réduire la représentativité d’une telle organisation et laisser la porte ouverte à la bureaucratisation.

Naceur Ben Cheikh

Publié dans la Revue Dialogue du temps où son directeur était Omar Shabou et le Chef de service culturel était Ridha Najar.

Si vous avez peur de perdre vos convictions, ne lisez pas cet article.

Réaction du Professeur Hamadi Sahli, Professeur d’Histoire à la Faculté des Lettres de Tunis, à la retraite, en 1987, après la seconde publication par Dialogue du témoignage accablant de Charles Saumagne sur la duplicité de Ben Youssef.. Ce caractère peu nationaliste de l’ancien Ministre du Gouvernement Chnik vient d’être confirmé par Béchir Ben Yahmed qui vient de révéler un document inédit dans lequel Ben Youssef ordonne à des milices armées installées en Lybie d’envahir la Tunisie, à partir de Benguerdane. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie aurait dit Marx.

Ce document a été publié dans mon blog « naceur.com » le 27 juin 2011, relayé le même jour, par un blog européen « Paperblog » auquel je suis affilié. Je m’étais contenté de reproduire en fac-similés, les pages d’un article de la Revue Dialogue que j’avais fait publier, pour la seconde fois, sur les pages de la revue dont j’étais le Directeur, en Décembre 1987 qui était, en cette date l’hebdomadaire d’expression française du PSD, parti au pouvoir, non encore squattérisé par Ben Ali, pour en faire son RCD. J’avais, alors, repris intégralement le document, publié en 1974, par Dialogue, au moment où sonDirecteur était Amor Shabou et celui du Parti Mohamed Sayah et je n’étais, à l’époque, que membre de son équipe, journaliste culturel, rattaché à un service dont le responsable était le collègue Ridha Najar.
Sa reprise, en Décembre 1987, après que Ben Ali ait reçu la veuve de Salah Ben Youssef et qu’une Cellule du Parti, (à Mellassine je crois,) ait été baptisée au nom de Salah Ben Youssef, revêt tout un autre sens. C’et un acte d’indépendance et de fidélité à la pensée bourguibienne et non au « Bourguibisme », considérant que le Bourguibisme n’est pas bourguibien , tout comme le Marxisme n’est pas marxien, et que la pensée et la pratique bourguibienne révolutionnaire a été « achevée » au sens de « coup de grâce » par ceux qui ont transformé un parti de libération en Parti du pouvoir et son idéologie critique en un « Extrêmisme du Milieu », qui permettra à Mohamed Sayah, (et plus tard à Mohamed Mzali) de chercher à neutraliser l’idéologie dite de gauche dont il est issu, par l’encouragement discret de « l’extrémisme modéré islamique  » de Mourou et de Ghanouchi. Cette fidélité à Bourguiba, que j’affirmais d’une manière presque ostentatoire, en face des glissements opportunistes opérés par Ben Ali, n’avait pour objectif que de prémunir la nouvelle phase d’évolution de la Tunisie bourguibienne des tentations oedipiennes de Ben Ali qui ont fini par lui faire couper la branche sur laquelle il était assis. C’est cette attitude d’indépendance qui a fait que la Revue Dialogue n’avait pas survécu au remplacement du PSD par le RCD.
Au lendemain de la Révolution du 14 Janvier, est apparu une nouvelle race d’opportunistes politiques, dont la majorité est issue des décombres du RCD, qui ont voulu se donner une assise politique « Néo Bourguibiste », face à l’évolution de la situation nouvelle . Parmi ces opportunistes , figure aussi bien Mezri Haddad Hamed Karoui, et Mohsen Marzouk, après son départ du Palais de Carthage. Je ne fais pas figurer dans cette catégorie, ceux qui essaient de rassembler ce qui reste de gens de bonne volonté autour de l’héritage bourguibien et de le faire fructifier, pour libérer la Tunisie révolutionnaire du nouveau colonialisme dont les agents ne sont autres que les aventuriers de Ghanouchi, Marzouki et leurs alliés objectifs que sont Hamma Hammami et tous les opportunistes sur fond régionaliste presque déclaré. Ceux-là, ils s’appellent Béji Caîd Essebsi, Kamal Morjane, Mohamed Ennacer et tous les intellectuels et syndicalistes de gauche, comme Taieb Bacouche, qui reconnaissent, désormais, le lien objectif qui existe entre la pensée politique bourguibienne et la Tunisie moderniste, issue de l’héritage de Bourguiba.
Quant à ma position, je l’avais affichée, à contre courant, en acceptant d’être traité de tous les noms,dès les premières semaines, du déclenchement de la Révolution en reprenant des articles publiés avant l’avènement du RCD de Ben Ali . Je les avais intitulés :  » La Révolution Tunisienne sera bourguibienne ou ne sera pas ». Cinq ans plus tard, la réalité semble confirmer cette position qui n’a rien de politique mais qui est fondamentalement culturelle. A moins de comprendre, comme je le sous entend, que le politique et le religieux ne peuvent être des moyens de libération que lorsqu’ils sont compris comme « vision du monde », produite par les hommes, dans leurs activités de production des civilisations.