Si vous avez peur de perdre vos convictions, ne lisez pas cet article.

Réaction du Professeur Hamadi Sahli, Professeur d’Histoire à la Faculté des Lettres de Tunis, à la retraite, en 1987, après la seconde publication par Dialogue du témoignage accablant de Charles Saumagne sur la duplicité de Ben Youssef.. Ce caractère peu nationaliste de l’ancien Ministre du Gouvernement Chnik vient d’être confirmé par Béchir Ben Yahmed qui vient de révéler un document inédit dans lequel Ben Youssef ordonne à des milices armées installées en Lybie d’envahir la Tunisie, à partir de Benguerdane. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie aurait dit Marx.

Ce document a été publié dans mon blog « naceur.com » le 27 juin 2011, relayé le même jour, par un blog européen « Paperblog » auquel je suis affilié. Je m’étais contenté de reproduire en fac-similés, les pages d’un article de la Revue Dialogue que j’avais fait publier, pour la seconde fois, sur les pages de la revue dont j’étais le Directeur, en Décembre 1987 qui était, en cette date l’hebdomadaire d’expression française du PSD, parti au pouvoir, non encore squattérisé par Ben Ali, pour en faire son RCD. J’avais, alors, repris intégralement le document, publié en 1974, par Dialogue, au moment où sonDirecteur était Amor Shabou et celui du Parti Mohamed Sayah et je n’étais, à l’époque, que membre de son équipe, journaliste culturel, rattaché à un service dont le responsable était le collègue Ridha Najar.
Sa reprise, en Décembre 1987, après que Ben Ali ait reçu la veuve de Salah Ben Youssef et qu’une Cellule du Parti, (à Mellassine je crois,) ait été baptisée au nom de Salah Ben Youssef, revêt tout un autre sens. C’et un acte d’indépendance et de fidélité à la pensée bourguibienne et non au « Bourguibisme », considérant que le Bourguibisme n’est pas bourguibien , tout comme le Marxisme n’est pas marxien, et que la pensée et la pratique bourguibienne révolutionnaire a été « achevée » au sens de « coup de grâce » par ceux qui ont transformé un parti de libération en Parti du pouvoir et son idéologie critique en un « Extrêmisme du Milieu », qui permettra à Mohamed Sayah, (et plus tard à Mohamed Mzali) de chercher à neutraliser l’idéologie dite de gauche dont il est issu, par l’encouragement discret de « l’extrémisme modéré islamique  » de Mourou et de Ghanouchi. Cette fidélité à Bourguiba, que j’affirmais d’une manière presque ostentatoire, en face des glissements opportunistes opérés par Ben Ali, n’avait pour objectif que de prémunir la nouvelle phase d’évolution de la Tunisie bourguibienne des tentations oedipiennes de Ben Ali qui ont fini par lui faire couper la branche sur laquelle il était assis. C’est cette attitude d’indépendance qui a fait que la Revue Dialogue n’avait pas survécu au remplacement du PSD par le RCD.
Au lendemain de la Révolution du 14 Janvier, est apparu une nouvelle race d’opportunistes politiques, dont la majorité est issue des décombres du RCD, qui ont voulu se donner une assise politique « Néo Bourguibiste », face à l’évolution de la situation nouvelle . Parmi ces opportunistes , figure aussi bien Mezri Haddad Hamed Karoui, et Mohsen Marzouk, après son départ du Palais de Carthage. Je ne fais pas figurer dans cette catégorie, ceux qui essaient de rassembler ce qui reste de gens de bonne volonté autour de l’héritage bourguibien et de le faire fructifier, pour libérer la Tunisie révolutionnaire du nouveau colonialisme dont les agents ne sont autres que les aventuriers de Ghanouchi, Marzouki et leurs alliés objectifs que sont Hamma Hammami et tous les opportunistes sur fond régionaliste presque déclaré. Ceux-là, ils s’appellent Béji Caîd Essebsi, Kamal Morjane, Mohamed Ennacer et tous les intellectuels et syndicalistes de gauche, comme Taieb Bacouche, qui reconnaissent, désormais, le lien objectif qui existe entre la pensée politique bourguibienne et la Tunisie moderniste, issue de l’héritage de Bourguiba.
Quant à ma position, je l’avais affichée, à contre courant, en acceptant d’être traité de tous les noms,dès les premières semaines, du déclenchement de la Révolution en reprenant des articles publiés avant l’avènement du RCD de Ben Ali . Je les avais intitulés :  » La Révolution Tunisienne sera bourguibienne ou ne sera pas ». Cinq ans plus tard, la réalité semble confirmer cette position qui n’a rien de politique mais qui est fondamentalement culturelle. A moins de comprendre, comme je le sous entend, que le politique et le religieux ne peuvent être des moyens de libération que lorsqu’ils sont compris comme « vision du monde », produite par les hommes, dans leurs activités de production des civilisations.

 

 

 

 

 

 

 

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