Révolution tunisienne : Mieux vaut essayer de savoir où l’on va que de vouloir savoir d’où l’on vient.

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Lors de sa  première conférence de presse qu’il a tenue en tant que Premier Ministre du Gouvernement de transition, Monsieur Mohamed Ghanouchi, devait signifier clairement que la situation à laquelle les Tunisiens étaient confrontés n’était pas des plus rassurantes ni particulièrement stabilisée.

Le flou qui plane jusqu’à aujourd’hui sur le déroulement  effectif des événements que ont eu lieu en cette après-midi du 14 Janvier 2011 et les conditions dans lesquelles le pouvoir suprême a été déclaré vacant pour abandon de son poste par le Président  de la République en exercice, semblent totalement absents des données que l’on devrait prendre en compte, dans la compréhension possible de l’attitude du gouvernement à l’égard du problème sécuritaire. Un problème dont beaucoup, parmi les nouveaux politiciens (comme on dit les nouveaux riches) ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre le caractère  particulièrement spécifique.

Tant que l’on n’aura pas réalisé que ce flou originel qui caractérise l’avènement de notre révolution pacifique, est l’une des composantes qui lui donnent son aspect inédit, original, et « surprenant », on continuera  à  la sous analyser, et à s’empêcher d’en comprendre la nature. Monsieur Mohamed Ghanouchi, devait réitérer sa mise en garde, lors de son allocution de démission, en avouant que la raison de son départ  résidait dans le fait qu’il n’était, personnellement, pas capable de donner un quelconque « ordre de tirer ». Ce qui ne signifie surtout pas qu’il l’entendait dans le sens d’user  d’armes à feu pour faire lever le siège dont  son ministère était l’objet de la part  des « Kasbagis ». Il faisait, en fait discrètement allusion, aux risques réels d’effusion de sang, auquel le pays était encore confronté. Ce dont il s’agissait, concernait ce « flou d’origine » qui devrait être sauvegardé, pour « raison d’Etat » même en situation révolutionnaire. Les conditions de clarification possible étant d’abord tributaires de ce flou même dans lequel se négocie encore le caractère pacifique de notre révolution. Car c’est bien grâce à ce caractère imprécis, voulu vague et surtout pas claire que la révolution a « pacifiquement cueilli » le pouvoir, sans être obligée de l’arracher par des déchirements violents qui auraient pu atteindre  les proportions auxquelles nous assistons en Syrie, pour ne pas parler de nos voisins du Sud.

Il y a donc lieu de souligner l’importance de ce qui se passe  dans  cette zone d’ombre et qui ne peut être révélé, maintenant, au grand jour, sans  que cela nuise  à ce flou originel salvateur et qui jusqu’ici a permis au gouvernement de transition de protéger notre révolution de ce qui pourrait nuire à sa réalisation souhaitée. Laquelle réalisation  ne pourrait devenir effective, qu’après la transformation démocratique en  pouvoir démocratique du processus révolutionnaire engagé. Car, comme l’a rappelé Mr Béji Caïd Essebsi, dès son arrivée au pouvoir de transition, « la révolution n’est pas la démocratie ». Et j’ajouterai  après lui que la révolution ne peut acquérir de sens véritable que dans la mesure où elle permet l’instauration de la démocratie.

Car le fait de séparer la révolution de ses « finalités démocratiques » comme le font  les membres de ce  conseil pour la  » sauvegarde des intérêts et des fins ultimes de la révolution », fait planer le flou, non pas sur les origines de cette dernière mais  au niveau de sa finalité. Ce qui la rend vulnérable et susceptible d’être détournée par n’importe quel Kadhafi en puissance, dont le caractère « révolutionnaire » de sa troisième théorie mondiale » tire sa spécificité du discrédit qu’il jette sur le mode de gouvernement démocratique lui-même.

لن يكون لثورتنا معنى إلا إذا وعينا بأن القيد لا ينكسر إلا بعد
انجلاء الليل. و الليل الذي يقصده الشابي ليس إلا الظلمة التي خيمت علينا لمدة جيل
كامل من أبنائنا الذين تربوا في ظل نظام جعل من قمع العقول ديدنه. و لن نتمكن من تفعيل حريتنا إلا باسترجاع قدرة أعيننا على تحمل
رؤية النور دون أن يصيبها العمى. لأن الحرية مثل الشمس لا يمكننا التمتع بنورها إلا
عندما ينعكس على أديم الأرض ويتمثل لنا واقعا مرئيا نثبت فيه خطانا
…..

Naceur ben cheikh

3 réponses

  1. Zouhaier EL HECHMI
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    Et si on peut savoir les deux ?

    • Naceur Ben Cheikh
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      Tu veux savoir d’où tu viens ? Tu ne peux être sûr que de Bent Ahmed Geddas, qui était comme moi instit de son état. Et au cas où tu ne croirais pas en l’origine « verbale » tu vas être obligé de remonter jusqu’à Dieu Le Père. Contentes toi d’interpréter ton verbe au présent pour que tu puisses peu-être y deviner l’avenir en te divinisant.

      • Naceur Ben Cheikh
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        « Mieux vaut essayer de savoir où l’on va que de vouloir savoir d’où l’on vient. »
        Tu m’as donné l’idée de nuancer mon titre

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