La position du Général Ammar: la fonction de l’Armée est d’accompagner le peuple dans sa révolution, sans se substituer à lui.

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A la différence de ceux qui ne cessent, depuis plus de 36 heures de jouer aux commentateurs politiques, en spéculant sur la forme et le contenu  du message  transmis par le Général Rachid Ammar, je pense qu’il serait plus utile de souligner l’éspace historique dans lequel, il a placé les évènnents de Chaambi, en montrant la continuité évidente entre Soliman, Bir Ali, Errouhia et Chaambi. Pour dire qu’en fait, il sagit des mêmes protagonistes . Ces derniers sont en réalité:
_1. Notre Armée Nationale et qui, depuis l’accession de Ben Ali, en Novembre 87 à la magistrature suprême, suivie par celle de Rached Ghanouchi au sommet du pouvoir en Tunisie, le 23 Octobre 2011, ne fait que resister aux tentations  successives des deux dictateurs , de confisquer la Souveraineté Nationale, dont le principal représentant est le Corps de L’Armée, au profit du Pouvoir  politique . C’est-à dire d’inféoder la Souveraineté de L’Armée, organiquement liée à celle de l’Etat, à celle du pouvoir en place
_2. Deux pouvoirs dont la différence réside dans le fait que Ben Ali n’avait pas aboli la Souveraineté de l’État, mais a cherché à en être le seul représentant, en inféodant, au pouvoir politique, les Ministères  de la Justice et de L’Intérieur, sans réussir à  lui soumettre la Souveraineté du Corps des Forces Armées, même si, légalement,il en était le Chef Suprême. Alors que Ghanouchi, son horizon de penser est fondamentalement opposé à l’existence même de l’Etat qu’il assimile à un éspace socio-politique,  qui devrait être totalement soumis à la volonté du Représentant de Dieu sur Terre, excutant de la Loi Divine.
Si lors de la Révolution, Rachid Ammar a su manœuvrer, en couvrant les têtes de ses soldats de bonnets rouges, pour les distinguer des forces de l’Ordre, aux ordres du Pouvoir Politique, la situation est devenu insoutenable, lorsque ce dernier, s’était transformé, après les élections d’Octobre 2011, en pouvoir anti-étatique qui a procédé à la paralysie  des centres vitaux sécuritaires de l’État dont le détournement a privé l’Armée du Renseignement qui lui est nécessaire dans l’accomplissement de sa tâche de défenseur de l’Intégrité de L’État. L’on comprend le sens et les fins de la campagne de dénigrement dont a été l’objet une Armée qui a été obligée de combattre à l’aveuglette, un ennemi invisible, aux ordres du Groupe Sécuritaire d’une Organisation terroriste qui, profitant de son accession au pouvoir, n’a de cesse que de chercher  à s’emparer définitivement du pays
et de ses habitants, pour les vendre aux plus offrants, sur le marché de libre échange politique internationale. L’Armée est donc, désormais seule à vouloir préserver ce qui reste de L’État Tunisien.
En plaçant Chaanbi dans la continuité chronologique de Soliman, Rachid Ammar, vient de mettre la Révolution entre parenthèses , pour dire qu’il n’y a de liberté possible, fûsse-elle « révolutionnaire » que dans l’État de Droit qu’il sagit de protéger contre les mêmes terroristes qui sont désormais au pouvoir et veulent réussir ce qu’ils ont commencé à Soliman.

Pour mieux cerner la position du Général Rachid Ammar concernant la nécessaire mise à distance de l’Armée vis à vis du champ politique, il faudrait rappeler la dimension hautement politique de l’activité plurielle des Forces armées nationales, qu’elles soit « républicaines »  « royales, »  ou « populaires ». Cette dimension qui relève du politique et non pas de la politique ne doit, en aucune manière  se laisser tenter par l’idéologie ( au sens politicien). Et toute implication dans le champ de la politique, ne peut que nuire à la fonction immunitaire qui est dévolue  aux corps des Forces armées, et pourrait, le cas échéant,  le transformer en corps dominant dont la stabilité qu’il garantit au pouvoir en place, pourrait se monayer en partage, plus ou moins discret, du pouvoir et donc en obstacle objectif à l’émergence de pratique démocratique avancé.

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