La légitimité des urnes n’est pas à caractère charaïque

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Dès le départ, et bien avant les élections d’Octobre 2011, il y avait comme une sorte de flou conceptuel dans les déclarations politiques des prétendants au pouvoir, concernant la « Souveraineté » de l’État que Béji Caïd Essebsi a considéré comme prioritaire, pour un gouvernement de transition démocratique, chargé de réaliser les « fins ultimes » de la Révolution. L’emploi de ce que j’avais traduit, par « l’Aura de l’État »- هيبة الدولة – par le Premier Ministre du second gouvernement de la priode de transition, avait été à l’origine, d’interprétations à caractère « réactionnel » issues de la conscience « pré-politique » dont faisaient preuve ceux qui allaient accéder, quelques mois plus tard, aux commandes mêmes de l’État dont ils sont devenus les prédateurs. Confondant Aura de l’État, avec Autorité du pouvoir en place, ces interprétations « pré-politiques » allaient mener certains décideurs au sein de l’Organisation de la Nahdha  à  encore confondre État Souverain et Pouvoir Souverain et à attribuer au pouvoir, la Souveraineté de l’Etat.

Il faut donc rappeler à ces habitués au « noyautage sécuritaire » en vue de la prise de pouvoir par la force, que la Souveraineté des Ministères des Affaires Étrangères, provient de la nécessité , pour tout pouvoir de ne considérer que l’interêt objectif de l’État, dans ses rapports aux autres, au sein de l’éspace objectif d’échange et de coopération internationale et de ne pas laisser interférer des considrations politiques partisanes dans l’activité diplomatique. D’où lon comprend aussi que la Souveraineté du Ministère de l’Intérieur consiste  à considérer cette institution comme Souveraine, par rapport aux considrations politiciennes, tout comme la Souveraineté du Ministère de la Justice, dont le titulaire est affublé, en France du titre de Garde des Sceaux. D’où l’on comprend enfin, la presque sacralisation de tout ce qui concerne la défence nationale (secret défense etc..), par tous les pouvoirs politiques qui sont tous à caractère  provisoire.

L’on se souvient du slogan qui avait envahi les pages facebook d’Ennahdha, lors des premiers jours, après les élections dOctobre 2011 et qui disait en s’adressant aux  » vaincus de la guerre éléctorale » traités de 0,00../100 que le peuple a reconnu son Souverain : لقد عرف الشعب من يسوده, oubliant que la fonction de « Sayed » se confond, dans la sagesse  musulmane  de la Tradition, avec « Serviteur. » سيد القوم خادمهم.

D’où l’on comprend, par ailleurs, ces références formalistes  faites par le clan de Ghanouchi, aux pratiques des partis majoritaires en Europe et en Amérique qui, après avoir remporté les élections placent leurs hommes  aux commandes des services vitaux de l’État.

Ce qu’ils oublient, ou font semblant d’oublier, c’est que pour ces vieilles démocraties, l’on distingue clairement « le politique » de « la politique ». Et c’est à partir de cette distinction fondamentale que les hommes de Parti se transforment, dès leur accession au pouvoir, en hommes politiques et les meilleurs parmi eux, se révèlent hommes d’État. Le Politique c’est ce qui permet l’entretien, la maintenance et la pérennité des Institutions qui garantissent la continuité de l’espace politique commun, dont le polititien n’est que le gestionnaire, par délégation limitée dans le temps. Le Souverain c’est le peuple, et celui-ci ne peut déléguer sa Souveraineté qu’aux institutions qui ne sont pas l’objet de concurrence politique pour l’accès aux postes de commandes de l’État.

Et, encore une fois, nous nous retrouvons face à des modes de penser archaiques dont  la vision politique qui est en est issue est vide de toutes références aux notions de démocratie, de légitimité contractuelle, de constitution, de pouvoir du peuple et de modalité de son exercice par ceux qui en sont les délégués.

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