De Béji à Chahed : Quelle filiation ?

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Durant  ces derniers mois de la supposée mésentente entre La Kasbah et Carthage, Béji n’a pas désespéré de voir Chahed revenir au bercail, même après que celui-ci ait refusé de démissionner après que cela lui a été  « suggéré » par le Président qui l’a fait. Ce dernier avait d’ailleurs accompagné sa « suggestion » par la réaffirmation des qualités qu’il avait trouvées en son protégé  pour justifier  son choix de l’avoir propulsé au devant de la scène. Mais il semble que Chahed ait commis l’erreur de donner trop d’importance à Hafedh le débile, en lui déclarant ouvertement la guerre  et en ne tenant pas compte  du fait que Hafedh était la plaie de son père et non l’héritier politique. Béji avait même essayé de suggérer que l’on considère Tahya Tounès, comme un second tiroir où l’on pourrait verser le Nida, débarrassé de ses opportunistes et ce en rappelant que Tahya Tounès est le nom d’origine de Nidaa Tounès. Et auparavant, le Président rassembleur, avait prévenu, dans une petite phrase, qu’il avait prononcée dans sa réponse à l’idée de création d’un nouveau parti dont la vocation serait de soutenir le Chef du Gouvernement que ce nouveau parti sera semblable à celui fondé par Ben Ali, début 88, après sa prise de pouvoir en Novembre 87. C’est à dire que le parti formé autour de la personne du Chef du Gouvernement en place serait un parti « du pouvoir » et non un un parti « au pouvoir. » Alors que Nida Tounès se proposait au départ d’être un parti rassembleur à vocation de libération nationale, considérant par la même que la Troïka n’était en fait qu’un suppôt de l’impérialisme américano-sioniste. En somme, Béji avait créé son parti pour accéder au pouvoir, alors que Chahèd a créé le sien pour s’y maintenir.  En tenant compte de la différence des contextes historiques,  l’on peut dire que Nida Tounès de Béji était le NéoDestour de Bourguiba et Tahya Tounès ne pouvait être que le RCD de Ben Ali. Le mode de création d’un parti politique témoigne de sa fonction.

En politique les grands leaders ne meurent pas et Béji est aujourd’hui plus influent que jamais parce que la mort l’a transformé en symbole, tout comme Bourguiba et Chokri Belaïd . L’Histoire récente a montré que lorsque Ben Ali a tourné le dos à Bourguiba, en croyant se mesurer à lui, il avait coupé la branche de l’arbre sur laquelle il était assis.

Mais Chahed, au cas il aurait l’ambition légitime de dépasser le statut de chef d’un parti obligatoirement minoritaire comme tous les autres partis , se doit de tempérer les ardeurs des jeunes cadres qui l’entourent et de chercher à faire de Tahya Tounès le véritable héritier du Nida de Béji et non pas en faire un concurrent. Quand à Hafedh, il est condamné à disparaitre de la scène politique et ne doit plus être pris au sérieux pour que l’on en fasse un point de fixation.

C’est ainsi que le jeune Chef  de notre gouvernement pourra achever l’oeuvre de Béji en obligeant l’organisation de Ghanouchi à retrouver , démocratiquement, sa dimension réelle de « Parti » minoritaire d’opposition de « Nouvelle droite » qui ne doit sa survie qu’au continuel chantage implicite de recourir à la violence terroriste……

A moins que les jeunes islamistes ne se convertissent à l’Islam de Bourguiba.

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