Bourguiba, le Combattant Suprême. Extraits des « Souvenirs d’enfance » de Hamza Knani

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Extrait de mes souvenirs d’enfance :

Le combattant suprême
« D’un magma de tribus, de sous tribus, tous courbés sous le joug de la résignation et du fatalisme, j’ai fait un peuple de citoyens » Bourguiba en 1973.

Les discours rhétoriques du combattant suprême étaient diffusés par la radio, les journaux et les actualités des salles de cinéma. Ils envahissaient toutes les maisons et les rues des villes et villages et enflammaient les foules. En contact constant avec la masse populaire, il faisait vibrer les tunisiens. Vénéré par le peuple qui voyait en lui, le père de la nation, il s’attirait une grande dévotion de la part des citoyens. C’était un intellectuel qui maniait l’art de communiquer dans un langage familier accessible à tous. Ses déclarations prononcées d’une manière intelligible, fascinaient la majorité des tunisiens et suscitaient un sentiment de patriotisme fervent et d’orgueil national, lors des multiples manifestations qui s’organisaient dans tout le pays. Il était un orateur hors pair. Il avait la verve pétillante, la culture et l’art de l’éloquence. Il professait bien haut, sa vision stratégique et sa conception perspicace du développement économique et social. Il promettait la gloire au pays et clamait, sous les ovations complètement folles et les applaudissements frénétiques des foules en délire, son inébranlable volonté de déployer tous les moyens susceptibles de construire une société du savoir dont le pays avait impérativement besoin et de conduire la Tunisie vers une meilleure destinée. Ses discours faisaient naître, chez les jeunes et adultes, hommes et femmes, un désir impérieux d’aimer ce pays, un sentiment de plénitude et de confiance en l’avenir et l’espoir des lendemains meilleurs. Tous ses propos laissaient à la postérité de nombreux enseignements et judicieux conseils.

Il ne cessait de rejeter les vestiges du colonialisme, de fustiger ostensiblement l’archaïsme mental et social et de dénoncer fermement certains dogmes religieux. Ses idées et ses analyses profondes et lucides ont enfanté une révolution culturelle chez les tunisiens. Il affirmait sa farouche détermination à mener une guerre implacable contre le sous développement et son acharnement de bâtir une nouvelle nation florissante et moderne. Il véhiculait cette grande envie de faire de la Tunisie, la Suisse de l’Afrique, un pays neutre, pacifique et développé. Il faisait appel aux forces du pays pour renforcer la cohésion et l’unité nationale et conjuguer leurs efforts en vue d’édifier un état de droit nanti d’institutions solides. L’objectif à atteindre était d’établir un nouveau modèle de société permettant au peuple tunisien de retrouver sa gloire, sa dignité collective et de lui assurer la prospérité, l’opulence, le bien être et la joie de vivre « farhat al hayat » deux termes bien ancrés dans ses discours.
Des chants liturgiques, des tapages médiatiques et des slogans glorifiaient le père de la nation et le guide éclairé et faisaient l’éloge de sa clairvoyance et de sa perspicacité. Le président Bourguiba avait un beau visage énergique, un regard vif et perçant, un charisme à nul autre pareil, une stature imposante et un esprit précurseur. Il était imprégné des idéaux des pensées françaises comme la philosophie des Lumières et les fondements de la révolution de 1789. En poursuivant ses études de Droit à Paris, il assimilait les idées de liberté, d’indépendance et surtout de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il enviait la culture, l’organisation et le fonctionnement des sociétés occidentales. C’était un président dévoué et intrépide qui s’était investi, depuis son jeune âge, en compagnie d’autres militants, dans la lutte acharnée et implacable pour l’indépendance du pays.

Il jouissait d’un large rayonnement international. Ses positions courageuses et argumentées ne faisaient que rehausser considérablement son prestige dans le monde. Ses visions politiques, ses thèses et ses points de vue ont été aussi, mis à contribution dans plusieurs circonstances, pour étayer ses jugements, ses critiques et la subtilité de ses approches. Il mettait en évidence les vertus de la Politique des Etapes et ses fondements. Loin de tomber en désuétude, ses idées, ses réflexions et ses opinions sont, aujourd’hui, plus judicieuses et réfléchies que jamais. Les évènements actuels attestent de la pertinence et la lucidité de ses idées et l’avenir lui a souvent, donné raison.

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