Abir Moussi et Hichem Méchichi, des alliés objectifs ?

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 En prenant en considération toutes les données politiques issues de ce que je pourrais appeler la navigation à vue (en reprenant une formule de Feu Mohamed Ghenima, du temps où il était Gouverneur de la Banque Centrale)  que la Tunisie connait depuis 10 ans, je vais faire preuve d’optimisme excessif en  déclarant que cette période a permis de sauvegarder « un minimum d’Etat » face à l’action corrosive, corruptrice du système et de l’ensemble du semblant de corps politique opportuniste qui a donné de la démocratie la pire des images. Face à cette vacuité politique, Abir est entrain de récolter les fruits du domptage par El Béji d’Ennahdha, de l’insolence et de l’avidité de pouvoir de Ghanouchi et des sots et ignares politiques qui lui ont permis de les rouler dans la farine et de perdurer durant dix ans déjà dans son action destructrice de l’Etat Tunisien. Que Abir gagne en popularité, cela va de soi et politiquement plus que légitime. Le maintien de sa ligne politique dure à l’égard d’Ennahdna et de ses complices opportunistes, se révèle aujourd’hui payant.
Mais il faudrait aussi penser sur le long terme et distinguer, comme le faisait Bourguiba le tactique du stratégique et le politique de la politique. L’avenir de la Tunisie ne dépendra pas seulement de l’action d’un seul Parti, fusse-t-il destourien et se proclamant de Bourguiba.
Comment envisager le futur, sans réfléchir qu’au-delà de la  tactique nécessaire à la prise  ou à la « reprise du pouvoir » il y a d’abord le souci de préserver « ce minimum d’Etat » qui reste encore chancelant et dont Hichem Mechichi a accepté la tâche, Ô Combien difficile, de lui redonner vie et crédibilité et d’en faire un outil efficace de développement global. En continuant à dire, que ce dernier ne peut réussir qu’en devenant  indépendant, vis à vis de l’hégémonisme d’Ennahdha et de celui d’un Président totalement coupé de la réalité tout court et pas seulement politique, Abir fait preuve d’une volonté de pouvoir, qui contredit ses continuelles déclarations qu’elle n’est pas intéressée par son partage dans les conditions actuelles. Qu’elle présente un programme, enregistré auprès des « droits d’auteur », avec un projet d’une nouvelle constitution déjà ficelé, me semble mettre entre parenthèse, l’idée de la transition démocratique dont le départ est la révolution tunisienne que les mauvais usages de la démocratie par la classe politique opportuniste actuelle ont totalement discréditée.
Pour le moment, Hichem Mechichi, a l’air de faire preuve de beaucoup de sagesse et de lucidité politique en se plaçant non pas contre tout le monde mais en reconnaissant tout le monde. Y compris Le Président de la République qui, lui ,ne le reconnait pas du tout. En ne répondant pas aux dépassements flagrants, par Kais Saied de ses prérogatives constitutionnelles, Hichem Mechichti a préféré assumer à lui seul la responsabilité du respect de la Constitution en respectant l’institution de la Présidence de la République à laquelle le locataire du Palais de Carthage nuit énormément, le jour le jour. Et rien, dans son comportement actuel n’indique que Méchichi va devenir un second Chahed, en se laissant larbiniser par Ghanouchi.
En laissant l’opinion publique et Abir répondre aux accusations à caractère idéologiques, proférées d’une manière inconsidérée par un Chef d’Etat irresponsable à l’encontre des hauts cadres de la nation des plus compétents, mais en faisant savoir aux autorités de la Présidence qu’il n’acceptera plus de se faire donner en spectacle devant les caméras du service d’information de Madame Neifer, Mechichi, en bon énarque,soucieux de la restauration de l’Etat veut se donner les moyens d’agir efficacement pour gagner le pari difficile de sauver le pays de l’état de délabrement dans lequel il se trouve. Pour ce, il se devait donc de compter sur des gouverneurs compétents et non des représentants d’intérêts partisans comme c’était le cas durant ces  dix dernières années.
Ces orientations ne sont pas de nature à conforter la pseudo classe politique actuelle et les mafias qui en sont les commanditaires, ni les comploteurs du Palais de Carthage non plus. Ce qui explique l’opposition de Kais Saied à l’amélioration des salaires des gouverneurs. Car la consolidation  de la hiérarchie administrative actuelle qui a permis tant bien que mal le maintien en vie du « minimum d’Etat », nuit à la réalisation du projet utopique de notre Kadhafi en puissance, mais sans manne pétrolière,qui consiste à livrer le pays à des comités révolutionnaires qui achèveront le travail effectué par Ennahdha durant les dix dernières années.

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